Samsung et le développement durable : des engagements à l’épreuve des faits
Smartphones, téléviseurs, électroménagers et composants électroniques : les produits de Samsung Electronics font partie du quotidien de millions de personnes. Leur fabrication mobilise toutefois des ressources importantes et génère des émissions, des déchets et des enjeux sociaux tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Face à ces défis, le groupe a annoncé plusieurs mesures en faveur du développement durable. Reste à savoir comment ces engagements se traduisent concrètement.
Réduire les émissions de gaz à effet de serre
Dans sa stratégie environnementale annoncée en 2022, Samsung Electronics s’est fixé un objectif de neutralité carbone pour ses activités de la division Device eXperience (DX) à l’horizon 2030, puis pour l’ensemble de ses activités, y compris la production de semi-conducteurs, d’ici 2050. Ces échéances concernent les émissions liées aux opérations de l’entreprise et à l’énergie qu’elle consomme.
Le groupe prévoit notamment d’améliorer l’efficacité énergétique de ses installations et d’augmenter le recours à l’électricité renouvelable. Cette transition est particulièrement complexe pour les usines de semi-conducteurs, qui fonctionnent en continu et nécessitent beaucoup d’énergie. Pour mesurer les progrès, il est donc important de distinguer les objectifs annoncés des réductions d’émissions effectivement réalisées.
Allonger la durée de vie et mieux gérer les ressources
La fabrication de produits électroniques demande des matières premières, de l’eau et de l’énergie. Samsung met en avant plusieurs pistes pour limiter cette empreinte : intégrer des matériaux recyclés à certains produits, réduire les emballages et encourager la réparation ou la reprise d’appareils usagés.
La société a notamment indiqué utiliser des plastiques issus de filets de pêche abandonnés et d’autres matériaux recyclés dans certaines gammes de produits. Ces initiatives peuvent contribuer à réduire l’utilisation de matières vierges, mais leur portée dépend des volumes concernés et de la part de matériaux recyclés réellement intégrée à chaque appareil.
La durée de vie des équipements est un autre enjeu essentiel. Des mises à jour logicielles prolongées, la disponibilité de pièces détachées et des réparations accessibles peuvent retarder le remplacement d’un smartphone ou d’un électroménager. Pour les consommateurs, ces éléments sont souvent aussi importants que les matériaux utilisés à la fabrication.
Des défis qui dépassent les produits
La responsabilité d’un grand groupe ne se limite pas à ses usines. Elle concerne également ses fournisseurs, les conditions de travail dans la chaîne d’approvisionnement, l’extraction des matières premières et le traitement des appareils en fin de vie. Ces sujets sont difficiles à suivre, car les chaînes de production sont internationales et impliquent de nombreux acteurs.
Le recyclage ne résout pas non plus tous les problèmes : il ne peut récupérer l’ensemble des matériaux et ne compense pas automatiquement la consommation d’énergie liée à la fabrication. Réduire l’impact du secteur suppose aussi de produire des appareils plus durables, de faciliter leur réparation et de mieux organiser leur collecte.
Comment évaluer les engagements de Samsung ?
Les annonces d’objectifs donnent une direction, mais elles ne suffisent pas à juger les résultats. Une évaluation complète doit s’appuyer sur des données publiées régulièrement : émissions totales, consommation d’énergie et d’eau, part de matériaux recyclés, durée de vie des produits et progrès accomplis dans la chaîne d’approvisionnement. La transparence sur les méthodes de calcul est également importante.
Pour les consommateurs en Belgique, quelques réflexes peuvent réduire l’empreinte liée à l’électronique : conserver un appareil tant qu’il répond aux besoins, le faire réparer lorsque c’est possible, choisir un modèle adapté plutôt que surdimensionné et déposer les équipements inutilisés dans une filière de collecte appropriée.
Une transition à poursuivre
Samsung a défini des objectifs de neutralité carbone et lancé des initiatives autour de l’énergie, des matériaux et de la circularité. Leur importance dépendra toutefois des résultats mesurables et de la capacité du groupe à agir sur l’ensemble de son activité, y compris la fabrication et la chaîne d’approvisionnement.
Dans un secteur où les cycles de renouvellement sont rapides, le développement durable ne se résume pas à fabriquer des produits avec davantage de matériaux recyclés. Il implique aussi de réduire les émissions, d’allonger la durée de vie des appareils et de rendre la réparation et le recyclage plus efficaces.
